19 octobre 2009
La nouvelle réforme du lycée : encore un coup de poignard dans le dos de l'éducation

Sarkozy dans son discours a lancé les grandes pistes de la nouvelle réforme du lycée. Le contenu de ces annonces reste en réalité assez imprécis. Il faut dire qu’avec cette histoire le gouvernement marche sur des œufs. Il faut rappeler qu’il avait était obligé de repousser d’un an la réforme l’an dernier devant la mobilisation des lycéens. Il sait que ce secteur est particulièrement combatif, alors il doit composer entre sa volonté de poursuivre coûte que coûte son projet de transformation de l’éducation et le risque de mobilisation des lycéens.
Ces annonces ne font pas l’effet d’une bombe mais on peut déjà analyser quelques éléments importants pour saisir la direction générale : développer l’excellence mais aussi les stages, c’est à dire une école à 2 vitesses.
« Le Rééquilibrage des filières »
La Première annonce est de faire de la filière littéraire une filière d ‘excellence en rajoutant des langues et peut être du droit (mais on ne sait pas si cela concerne une partie ou toute la filière). Il s’agit également de rénover la filière STI. Cette idée qui se trouvait déjà dans les rapports Apparu et Descoing était justifiée par le besoin pour la France de faire le choix de l’industrie et donc dans le cadre de la concurrence mondiale de former une main d’œuvre pour sauver l’industrie française. L’objectif c’est une meilleure formation d’excellence dans tous les domaines mais bien évidemment pas pour tout le monde : autrement dit on va former l’élite dans plus de domaines différents pendant que les autres se débattrons dans la merde.
« Chantier orientation »
Pour que l’orientation soit progressive et qu’il y ait moins de redoublement, la proposition est de faire une classe de première « plus générale » et une classe de terminale « plus spécialisée » et « plus connectée avec l’enseignement supérieur ». Cela veut tout et rien dire à priori. Mais cette proposition se trouve déjà dans le rapport Apparu : la spécialisation de la terminale en lien avec l’enseignement supérieur va principalement signifier que le choix de la filière au lycée déterminera nos futurs choix pour l’université. Le choix d’orientation se fera donc au lycée et non plus à la fac car le choix au lycée est contraignant pour la suite.
Les « passerelles » entre les filières ont pour objectif d’éviter les redoublements. Il est indiqué dans les rapports leurs coûts financiers élevés… Le véritable objectif c’est de faire des économies en réorientant ceux qui risquent d’échouer directement vers d’autres parcours. Si tu rates le premier trimestre on pourra t’envoyer ailleurs sans attendre la fin de l’année.
« La professionnalisation »
Sarkozy annonce que des stages en entreprise seront proposés à tous les lycéens, ainsi qu’aux enseignants. Cette mesure s’inscrit dans la même logique que le plan d’aide aux jeunes qu’il avait annoncé la semaine dernière avec l’objectif d’accroitre le nombre d’apprentis et de formations en alternance. Il veut à la fois faire entrer de plus en plus les entreprises privées dans l’éducation et offrir aux entreprises une main d’œuvre presque gratuite.
« Accompagnement personnalisé »
Sarkozy propose 2h par semaine d’accompagnement personnalisé pour approfondir les connaissances, combler les lacunes, ou donner des méthodes de travail. Là encore rien de précis mais si on se regarde les rapports précédents, ils préconisent que ces heures servent aussi pour l’orientation, ou la découverte du monde du travail. Ces heures permettront donc à ceux qui ont le plus de facilités d’avancer pour être préparer à l’excellence tandis que les autres auront au mieux une aide scolaire. Sarkozy indique que quoiqu’il arrive la réforme se fera à moyens constants : donc le seul moyen de mettre en œuvre ces 2h de soutien c’est soit diminuer les autres cours, soit faire faire des heures sup aux profs.
Dans son discours, Sarkozy présentait ces annonces comme un moyen de lutter contre les inégalités sociales et comme un moyen de répondre au malaise de la jeunesse. Mais c’est clairement se moquer du monde quand on sait que sa politique est de supprimer toujours plus de postes dans l’éducation (80 000 d’ici 2012), quand bien souvent la seule réponse qu’il apporte aux lycéens qui se mobilisent pour leur avenir est la répression policière. Ces dernières années, la seule préoccupation des gouvernements a été de réduire les coûts de l’éducation, former une main d’œuvre bon marché et corvéable à merci, tout en cherchant à mettre au pas les lycéens récalcitrants.
Pour luttercontre les inégalités, la solution est simple : il faut plus de moyen pour l’éducation. Au lieu de supprimer des postes, il faut embaucher massivement des profs et des personnels non-enseignants. Ca permettrait de ne pas être 40 élèves par classe, ça permettrait d’avoir du temps et des gens pour être à l’écoute des lycéens. Mais au lieu de ça, Sarkozy et son gouvernement préfère embaucher des flics et mettre des caméras de vidéo surveillance. Pour donner à tous les mêmes chances, il faudrait une allocation d’autonomie pour tous les jeunes à hauteur du smic. Aujourd’hui 18% des lycéens sont salariés pendant l’année scolaire. Bosser au Mac Do après les cours ne favorise pas la réussite.
Répondre au malaise des jeunes, ça signifierait leur offrir un avenir et donc en finir avec le chômage, la précarité, les licenciements, les salaires de misère…
Ne nous laissons pas faire !!!!
Tract des lycéens de Millau : tractcontentdetreaulycee12
Tract des lycéens à Montpellier : tractcontentdetreaulycee
29 janvier 2009
Communiqué de presse de SUD Lycéen Aveyron
Fait à Millau le 29/01/2009
La mobilisation doit s’amplifier ! Les manifestations et les journées de grève une fois tous les deux mois ne servent à rien. C’est pour cela que la mobilisation doit se poursuivre en s’amplifiant après la journée de Grève Générale du jeudi 29 janvier. SI ON VEUT VRAIMENT FAIRE PLIER LE GOUVERNEMENT, SEUL UN MOUVEMENT COMBATIF, DETERMINE ET INSCRIT DANS LA DUREE LE FERA RENONCER A SES SCANDALEUSES REFORMES ! C’est pour cela que le syndicat SUD Lycéen de l’Aveyron appelle les lycéens à continuer et à amplifier la mobilisation jusqu’à ce que les revendications du mouvement lycéen soient entièrement satisfaites. Contact : e-mail : sudlyceen12@hotmail.fr Site internet : www.sudlyceen12.canalblog.com Annexe Nos Revendications : - Retrait de la réforme de la seconde. - Annulation de la suppression des BEP et du passage en BAC pro 3 ans. - Annulation de la suppression des séries STG et STI. - Maintien des BTS dans les lycées généraux et technologiques. - L’arrêt des suppressions de postes dans l’éducation.Communiqué de presse de SUD Lycéen Aveyron
Fédération SUD Lycéen de l’Aveyron
24 décembre 2008
Réforme du lycée : analyse.
Attaques contre l'Éducation : résistance !
Notre actuel ministre de l'Éducation Nationale et son gouvernement engagent beaucoup de réformes dont le sens reste flou aux lycéen(ne)s, qui bien souvent sont maintenu(e)s dans l'ignorance, et livré(e)s par la suite aux affres de la politique, la vie en communauté. Pour essayer d'éclairer la lanterne de mes camarades, j'ai tenté pour vous de décrypter l'actuelle réforme du lycée. Le constat qui en ressort n'est pas vraiment fameux. Au-delà des habituels discours « d'adaptation du lycée à notre époque », nous pouvons surtout observer les économies réalisées par le gouvernement sur notre dos !
Une économie budgétaire de plus
Le ministre souhaite voir la mise en place dans les classes de seconde d'un « tronc commun » d'apprentissage. Selon le projet de loi, 21 heures seront allouées à ces matières principales, accompagnées par 6 heures d' « enseignements complémentaires » et 3 heures d' « activités d'accompagnements » (entendre dans cette formule une forme d'aide individualisée). Les buts sont louables : lutter contre l'échec scolaire, mettre en place des parcours adaptés aux envies des élèves etc ... Mais derrière ces mots se cache avant tout une logique d'économie de la part de l'État : nous estimons en effet que la réduction du nombre d'heures de cours (passant donc à 30 heures hebdomadaire) entraînera la suppression de dizaines de milliers de postes d'enseignant(e)s.
Á l'heure ou la crise sévit, entraînant la paupérisation rampante d'une partie de la population, et où lutter contre l'ignorance est plus que jamais nécessaire, la suppression de nos professeurs est une erreur énorme, mais peut-être pas si innocente que cela. En effet, depuis plusieurs années le gouvernement attaque le secteur éducatif afin de rendre les futurs travailleuses et travailleurs, que nous sommes appelé(e)s à devenir, soumis(es) aux lois sévères du marché. Non seulement le gouvernement ne fait rien pour améliorer la condition des lycéen(ne)s (certain(e)s étant obligé(e)s de travailler), mais au contraire il fait tout son possible pour vous modeler à sa guise.
Cette refonte de la classe de seconde entraîne également une remise en question des différentes filières disponibles post-seconde.
Une libéralisation des savoirs
Dans la réforme proposée par X. Darcos, beaucoup de disciplines ne sont disponibles qu'en modules. Cela implique donc pour l'enseignant(e) une construction de son cour sur un semestre, changement de module pour les élèves oblige. Une telle construction rend malheureusement obligatoire un appauvrissement des connaissances dispensées, étant donné l'écourtement de la période d'acquisition des savoirs.
De plus, le choix laissé à l'élève de pouvoir rejoindre en milieu d'année un module différent provoque forcement une concurrence entre les professeurs. Afin de ne pas voir la disparition de leur poste, on peut imaginer l'abaissement moral de nos enseignant(e)s qui, par tous les moyens, chercheront à garder leurs élèves. Oui, par tous les moyens : bonnes notes, études moins approfondies etc ... Cela même au détriment des acquis qui seront beaucoup plus superficiels. On peut croire que c'est ici pures exagérations, mais n'oublions pas que l'environnement même dans lequel nous évoluons, le libéralisme sauvage, fait de chacun de nous des prédateurs et proies potentiels. Les nouvelles générations d'enseignant(e)s, qui n'ont peu ou pas connu la social-démocratie, et qui ont été élevé dans une société faisant l'apologie de la libre-concurrence et du « marche ou crève », seront plus aptes à intégrer ces principes individualistes, contre l'intérêt de la communauté.
Un confinement social
La concurrence s'établit également entre les établissements. La suppression de la carte scolaire a déjà grandement contribué à celle-ci, mais la réforme des lycées ne fait que l'accentuer davantage. En effet, les établissements devront se partager les nombreuses options proposées dans les modules, car chaque lycée n'aura pas les moyens de présenter toutes les options ( baisse des budgets accordés aux lycées, suppression de 80 000 postes d'enseignant(e)s etc ...). Et qu'entraîne ce partage des options conjugué aux effets de la suppression de la carte scolaire ? Et bien c'est tout simplement la disparition programmée de la mixité sociale. Des établissements se retrouveront avec les options dîtes « prestigieuses » ( notamment les sciences, aujourd'hui représentées par la MPI pour exemple) dont l'accès est réservé aux élèves ayant des moyennes assez élevées. Or, lorsqu'on sait que ces moyennes sont à mettre en rapport avec le climat social dans lequel l'élève évolue, on se doute que les lycéen(ne)s évoluant dans des climats sociaux plutôt aisés auront plus facilement accès aux lycées proposant ces options « prestigieuses » que les camarades appartenant aux classes populaires. Le ministre admet donc sa volonté de cloisonner les classes sociales, de créer des lycées « pour riches » et des lycées « pour pauvres ». Et les moyens s'en feront ressentir ...
La notion de sociabilité mise à mal
La notion de classe est en partie abandonnée au profit de « l'individualisation des parcours ». Les emplois du temps sont déstructurés : il faut mettre l'élève dans la situation qu'il connaîtra sans nul doute dans le monde du travail. L'heure est à la « malléabilité » ! Le gouvernement ne souhaite pas rendre autonome, il souhaite rendre individualiste ! Et oui, il y a nuance : l'autonomie est la capacité d'un individu à se développer pleinement dans une société sans qu'on l'assiste, mais en faisant en sorte qu'il s'épanouisse avec ses concitoyen(ne)s. L'individualisme, c'est la disparition de toutes notions de solidarité et de respect envers l'homme, c'est la mise en concurrence interne de l'humanité. On voit clairement aujourd'hui comment les patrons traitent leurs employé(e)s, en délocalisant dans des pays « à bas-coût ». Est-ce cela que doit enseigner l'école de la république ? Non. Ce que nous souhaitons, c'est que le libre épanouissement de chacun(e) soit la condition première du libre épanouissement de tous ! Et cela ne peut se faire que sur les bases de l'égalité de traitement, de la liberté totale d'expression dans les lycées et d'un apprentissage sérieux de la solidarité au sein des écoles.
Des questions ... toujours des questions
Finalement nous ne voyons pas vraiment en quoi cette « réforme » en est une ! Les enseignant(e)s devront dorénavant endosser « les missions de suivi et d'orientation », ce qui est avant tout le travail des COP et CPE : encore des économies budgétaires. De plus, la question de la refonte de la première et terminale se pose : quelles formes pour quel avenir ? On peut imaginer ces deux classes calquées sur la seconde, le BAC devra alors être individualisé et perdra forcement de sa valeur, étant donné les multitudes de formes qu'il pourra prendre. Quant à la « reconquête du mois de juin » voulue par le ministre, c'est avant tout un effet de style ... aux conséquences néfastes : des secondes présents dans l'établissement lors des épreuves, c'est un risque de déconcentration. Et qui surveillera les épreuves si les cours sont assurés normalement par les professeurs ? Des retraités comme le propose le ministère ? C'est alors une atteinte grave à la dignité et au droit du travail !
De plus, les concertations avec les partenaires syndicaux, les lycéen(ne)s et les professeurs ont été bien pauvres : ce n'est pas une réforme idéologique dans la plus droite lignée libérale que nous souhaitons, mais bien une réforme des lycéens, par les lycéens et pour les lycéens !
Et pour notre bien, que fait le gouvernement ?
Il supprime des postes de professeurs (environ 100 000), il réduit les budgets accordés à l'Éducation Nationale, envoie ses flics contre les manifestations lycéennes (Grenoble, Lyon, Paris, Brest ...) et promulgue des contenus réactionnaires en partenariat avec les syndicats patronaux (le MEDEF) faisant l'apologie du capitalisme sans considérer l'objectivité que se doit d'avoir un programme scolaire !
En attendant, il donne 360 milliards aux banques, exonère d'impôts les plus riches et fait des cadeaux fiscaux aux entreprises ! Et ils osent dire que les caisses sont vides !!
Nos revendications !
l'abandon de la réforme actuelle, une plus grande écoute des revendications lycéennes et plus de moyens pour l'Éducation Nationale
un maximum de 25 élèves par classe et pour cela l'arrêt des suppressions de postes
des droits nouveaux pour les lycéen(ne)s, notamment sans-papiers qui se voient expulsé(e)s sans humanité par l'État !
Des moyens plus élevés pour l'enseignement des Langues Vivantes (des voyages pour tous, des laboratoires de langues, des assistant(e)s ...)
un apprentissage pour tous à la culture et aux arts
13 décembre 2007
Suppression de 80% des BEP d’ici 2 ans.
Les coupes budgétaires dans l’Education Nationale, imposées au nom de la rentabilité et du profit, nous réservent de très mauvaises surprises à nous, étudiants en lycée professionnel.
- On nous supprime 80 % des BEP
Ce qui tire vers le bas la majorité des élèves, forcés d’entrer en apprentissage ou en CAP, alors qu’ils avaient les capacités d’obtenir leur BEP et de continuer leurs études.
Cette mesure est une dégradation importante des conditions de travail et d’étude. Ce qui va encore pénaliser les élèves qui rencontraient le plus de difficultés.
Parce que l’école n’est pas une entreprise, on ne veut pas d’un lycée à deux vitesses, ou seuls les plus riches et quelques premiers de la classe auraient droit à un avenir.
Notre avenir n’est pas à vendre !
Parce que cette loi nous concerne, Nous exigeons le maintient de tous les BEP, leur revalorisation en véritables diplômes et des moyens accrus pour toutes les formations professionnelles.
12 décembre 2007
La loi LRU (Loi Relative aux Universités)
- Augmentation des frais d’inscriptions aux Facs et aux grandes écoles
C’est à dire que seuls les riches pourront faire de longues études.
- Un diplôme n’aura plus la même valeur selon l’endroit ou on l’obtient
C’est à dire que ceux qui pourront se payer les meilleures facs auront des diplômes qui vaudrons plus que ceux des élèves de facs moins chères.
- Autonomie des universités qui casse le cadre national de formation
Ce ne sera plus la même qualité d’enseignement d’une université à une autre.
- Autonomie des universités qui casse le cadre national de formation
Les facs devront trouver elles-mêmes leur financement. Elles devront faire appel à des entreprise privées, ce qui implique donc une privatisation rampante des universités.
Chaque lycéen a le droit à la même chance d’étudier. Ce texte ne garanti plus cela ! L’égalité pour tous ne sera plus garantie !
